Habib Ben Ali Bourguiba

le père de la Nation Tunisienne

Né probablement le 3 août 19031 à Monastir et mort le 6 avril 2000 dans la même ville, est un homme d’État tunisien, président de la République entre 1957 et 1987
Avocat formé en France dans les années 1920, il revient en Tunisie pour militer dans les milieux nationalistes. En 1934, à l’âge de 31 ans, il fonde le Néo-Destour, fer-de-lance du mouvement pour l’indépendance de la Tunisie. Plusieurs fois arrêté et exilé par les autorités du protectorat français, il choisit de négocier avec la Quatrième République, tout en faisant pression sur elle, pour atteindre son objectif. Une fois l’indépendance obtenue le 20 mars 1956, il contribue à mettre fin à la monarchie et à proclamer la République, dont il prend la tête en tant que premier président le 25 juillet 1957
Il meurt le 6 avril 2000 et repose dans le mausolée qu’il s’était fait construire
Page 1
Par défaut

Déclaration Salah Ben Youssef au Sunday Times : 17 avril 1956

 

 

Dans une déclaration au « Sunday Times »

(Le Monde 18 avril 1956)

 

 

M. SALAH BEN YOUSSEF précise ses "buts de guerre"

 

Londres. 17 avril (Reuter, A.P.). — M. Salah Ben Youssef, ancien secrétaire général du Néo-Destour, a déclaré au Sunday Times qu'« il dirigeait la rébel¬lion armée contre le gouvernement tunisien dans le cadre de la campagne destinée à rejeter les Français de l'Afrique du Nord ».

A la question : « Pensez-vous réellement pouvoir battre les Français ? », il a répondu :

«  Oui. Pas dans des batailles classiques, mais par une guérilla perpétuelle et le sabotage. Si une nation est vraiment résolue à obtenir sa liberté, elle sera victorieuse en fin de compte. La population de l'Indonésie comptait 80 millions de personnes, et elle en a perdu 5 millions dans la lutte contre la Hollande. Il n'y a pas un village dans toute l'Indonésie qui n'ait souffert. Mais en fin de compte la victoire a été remportée, il y a 9 millions d'Algériens qui sont déterminés à devenir libres et qui sont prêts à subir des pertes dans une proportion analogue. »

 

Interrogé sur la raison pour laquelle le combat a repris en Tunisie, M. Ben Yous¬sef a expliqué : «Nous luttons pour affaiblir l'effort militaire français en Algérie en forçant les Français à envoyer des renforts en Tunisie et pour contraindre le gouvernement français à appeler cent mille hommes de plus sous les drapeaux, ce qui pourrait provoquer une crise politique en France.» Enfin, nous espérons, en étendant la guerre, aider M. Mendès-France et ses amis qui sont en faveur de négociations immédiates et d'un « cessez le feu ».

 

« L'assistance de l'Egypte n'est que morale », dit encore M. Salah Ben Yous¬sef, en ajoutant que « le comité politique de la Ligue arabe avait décidé d'aider le mouvement de libération en Afrique du Nord par tous les moyens à sa disposition, l'argent y compris.»

Lorsque vous avez de l'argent vous pouvez obtenir des armes partout ; mais les trois quarts de nos armes proviennent des Français eux-mêmes ».

 

Comme le représentant du Sunday Times lui demandait : « Vous voulez dire que les Français vendent leurs armes ? », M. Salah Ben Youssef répondit brièvement « Oui ! », et poursuivit :

« Au début nous pouvions acheter un fusil avec cent cinquante cartouches pour 12 livres. Maintenant il en coûte 40. Auparavant nous pouvions avoir une mitraillette pour 16 Hures, maintenant elle coûte 50 et 60 livres. Depuis que Bourguiba est au pouvoir, son bureau politique a beaucoup d'argent à dépenser… »

 

M. Salah Ben Youssef a ajouté qu'«il était convaincu que l'Algérie remporterait la victoire, ou du moins qu'elle remporterait une victoire morale si la France parvenait à s'entendre avec l'Algérie avant qu'il soit trop tard. Il est temps encore, mais c'est une question de quelques mois seulement ».

 

Il a conclu : « si la France se rendait seulement compte que l'Algérie est défendue par ses patriotes et non par des rebelles et des bandits, elle se hâterait de trouver une solution sur la base de l'indépendance, comme pour le Maroc. Si toutefois elle persistait dans sa politique de guerre, elle perdrait toute chance de parvenir a un compromis honorable. Elle devra prendre une décision avant l'hiver, car la guerre psychologique aura été perdue d'ici là. »

 

 

 

 

UNE MISE AU POINT DE  M.   MENDÈS-FRANCE

 

 

Le nom de M. Mendès-France ayant été cité par M. Ben Youssef, l'ancien président du conseil a déclaré à un rédacteur de l'agence France Presse :

« Dans son interview au Sunday Ti¬mes le chef de la rébellion contre le gouvernement tunisien associe son action en Tunisie à ses desseins en Algérie et prétend peser sur la politique de la France.»

 

« En Tunisie, ses provocations à la violence et à la révolte ont de longue date montré en Salah Ben Youssef un ennemi fanatique non seulement de la France mais de la démocratie tunisienne.»

 

«  Pour ce qui est de l'Algérie, il ne saurait y avoir qu'hostilité, irréductible-entre Salah Ben Youssef et tous le partisans d'une politique qui conduise à l'apaisement des esprits, A la conciliation et à la coexistence de la communauté française d'origine européenne et de la communauté musulmane. »

 

Par défaut

Interview inédite de Salah Ben Youssef : 23 janvier 1956

Lundi 23 janvier 1956. – Long entretien avec Salah Ben Youssef, chez lui, de 18 h 30 à 21 heures. Bahri , à la dernière minute, a préféré que la rencontre n’ait pas lieu chez moi, au moment où la galerie de la Nationale éclate en flambeaux et badauds et où les vigilants de chez Bassoum redoublent d’acuité cruelle. J’avais, le matin, réfléchi aux choses sous la science de Samaran qui m’a fort bien individualisé le Maghreb malékite¬berbéro-sunnite et soupçonné le sultan du Maroc d’en revenir à un rêve ancien. Assez long entretien avec Djilani Ben Rom¬dane aussi insignifiant et pipelette que de coutume et avec Salah Ben Khelifa qui se préoccupe de se faire mettre en dis¬ponibilité plutôt que de rejoindre sa disgrâce de Téboursouk. Djilani dans le ton digne, Salah dans la tradition d’une famille qui en a vu d’autres, s’essayent à faire le point et à m’en ins¬truire. Ils sont « yousséfistes » le premier par dépit, l’autre par patriciat, mais sans attrait pour la personne. B. Y. loge au som¬met de la ville, à ses confins Sud-Ouest, dans la maison qui a appartenu à Jamel, et qu’il a acquise du temps qu’il était ministre sous Chenik , par un prêt de 12 millions, disait-on alors, consenti par Renaudin et qu’il n’aurait amorti que lentement. On parvient chez lui en tortillant entre les villas sans lumières et des jardins noirs que l’ombre rend opulents et des terrains vagues pris je pense sur d’anciens cimetières. Un gaillard soup¬çonneux n’ouvre la grille qu’à contre-coeur reconnaissant Bahri et son clerc comme familiers ou annoncés et moi sous leur cau¬tion. Un escalier étroit, obscur, surplombé d’arbres captant une vague lumière par le haut, grimpe, coupé de paliers, selon les moindres pentes de l’abrupt. Aux deux ou trois paliers, d’autres bravi drapés de ténèbres, reconnaissent et saluent avec une sobriété hutaine, le doigt j’imagine, sur quelque gâchette, sous la cape, ou la main au poignard. Tout en haut, lumière. Un salon à gauche, bien éclairé, où, englouti dans un fauteuil et mal à l’aise, se tient un homme au visage sec, bistre et fin, un homme des tribus certainement, qui avec une courtoisie de bonne éducation, se lève, salue d’une brève bénédiction, nous invite à nous asseoir. Je pense à quelque garde de la personne. C’est un visi¬teur qui comme nous, attend. Un domestique l’appelle. Nous sommes seuls un quart d’heure. Une grande porte à glissière coulisse enfin, avec un bruit de tonnerre de cinéma. C’est Salah Ben Youssef, court, large, robe de chambre épaisse sur pyjama, deux grands cercles d’écaille brune autour des yeux, tournant un sourire large comme deux mains, vivement cordial. On se reconnaît, on se dit content. Bahri l’est, son sourire étroit et contracté. On s’asseoit, grands fauteuils. Salah est chaussé, mi¬mule, mi-cothurne, son pie est distingué. On va au vif, nous assurant mutuellement, lui de sa confiance, moi de ma confidence et de mon secret, s’il me le livre. Ce qu’il fait « n’ayant rien à cacher » – l’ayant averti que Seydoux est au fait de l’entrevue, mais non du jour, de l’heure, ni du lieu et qu’il ne m’a chargé de rien. Durant deux heures on bat consciencieusement les buissons, les explorant de-ci de-là. Je le presse de se situer dans une perspective d’histoire révolue comme si nous n’étions plus que deux sages apaisés et rétrospectifs. Il ne s’échauffera que lorsque l’image de Bourguiba ou plus exactement de ses « saïdes et de ses sbires » se profilera sur la trame des propos. Je lui des¬sine d’un burin aux coups secs et tranchants, le personnage qu’il apparaît. Il écoute avec application, toujours souriant, parfois grave :«il est l’agent de forces troubles de l’Est, de l’arrière marche de Bandoeng , de la Ligue arabe, des frères musul¬mans, d’Ibn Séoud opulent en royalties, et par delà, :à son insu même, de calculs plus froids formulés par les grands blocs en compétition au Maghreb etc. Il dispose de trésors inépuisables par le relai de Tripoli où son frère dirige une banque réanimée exprès pour le servir, à deux pas de la nouvelle ambassade sovié¬tique. Sa mission est d’organiser, entretenir, attiser le trouble dans le Constantinois et en Tunisie pour que rien ne s’y fixe dans un état d’ordre, de mesure, de contentement générateur d’un système réfractaire aux calculs de Nasser son ami, dont nul ne croit ignorer qu’il se pose en leader du fameux monde arabo¬musulman. (En passant, je le pique, notant qu’il n’est pas arabe, étant berbère de Djerba, ce dont il convient en souriant et qu’il explique – n’étant point musulman orthodoxe mais kharijite¬ibadite , ce qu’il dénie, appartenant à une famille ralliée déjà anciennement au sunnisme ; qu’on mette du sérieux à le pren¬dre pour un prophète de l’arabo-islamisme paraît l’amuser.) Il arme les bras de la libération algérienne dont il guide les coups, appelant à lui, aux frontières, leurs incursions et déjà aussi les intallant de-ci de-là pour truffer la Tunisie de cellules explosives. Leurs émissaires viennent prendre les ordres de sa bou¬che. « Il est l’ordonnateur suprême du ravitaillement en armes. » Il recrute dans le Sud-Ouest des hommes de main qui sous ses directives rançonnent, terrorisent, fanatisent, désorientent les esprits des hommes des tribus. Tout cela simplement pour détruire, nier, et bâtir on ne sait quelle grandeur tragique sur la ruine, sur la terre brûlée, avec des hommes hallucinés de fanatisme ou anihilés par la peur d’être égorgés, les mains liées au dos – « Etes-vous cet homme, Si Salah ? » Si oui, dites-le moi, je vous en promets le secret, ne fût-ce qu’après je n’aie pas trop l’air d’un imbécile lorsque je cherche à me défendre contre l’emprise de ce qui peut n’être qu’un mythe – si non, protestez : instruisez-moi, ruinez publiquement cette légende, de quelque attrait flatteur qu’elle soit pour vous et quiconque veut la paix et la maintenir vous aidera etc.
Il m’a écouté sans presque m’interrompre. Il éclate : « C’est formidable ! On invente mon personnage pour faire de lui celui de l’ennemi n° 1 de la France, du monde occidental, de la civi¬lisation, alors que je suis l’homme traqué. Cela autorise le haut¬commissaire à transférer à un parti politique la disposition des forces de sécurité pour l’aider d’une conscience calme à détrui¬re une opposition d’autant plus exacerbée qu’il lui est interdit de disposer des libertés dont elle devrait jouir légalement. Sous couleur de soutenir un gouvernement fictif, pour la seule raison qu’il a été conciliant ou complaisant dans les négociations, le H.C. se fait délibérémment complice d’une mafia puissamment organisée dans ses cadres, mais détestée par les masses, en lui concédant le libre usage d’une garde prétorienne, d’une garde de janissaires dont elle sélectionne les membres et aux coups de laquelle elle me désigne, et aux crimes innombrables.
« Je ne suits pas le chef de la contre-mafia qui s’organise autour de mon nom. Je veux moi aussi que règnent l’ordre, la paix, la concorde: je ne peux empêcher que des centaines et des milliers de Tunisiens s’insurgent par tous les moyens qui restent à leur disposition, contre une faction qui a usurpé l’autorité et les moyens d’actions de l’Etat. Les uns écrivent, et toute la presse libre est dressée contre cette faction, ce qui n’a pas empê¬ché Bourg(uiba) de s’abaisser à convoquer personnellement le directeur d’Essabah et à lui enjoindre de rallier le parti dans ‘ quarante-huit heures sous peine de : responsabilité personnelle.
« D’autres utilisent les procédés de contre-terrorisme qu’ils ont expérimenté contre le colonialisme français. Les patriotes algériens ont beau jeu à les rejoindre et à les aider, tout étant bon aux fins de libération qu’ils poursuivent. J’ai moi-même désa¬voué personnellement la violence. Une mission envoyée par le roi Idriss a tenté d’obtenir de Bourguiba qu’il joigne sa voix à la mienne et que, par une répudiation commune, nous prou¬vions qu’il ne s’agit entre nous que d’un désaccord de doctrine concernant les principes de l’indépendance et de l’autonomie. Il a refusé par des échappatoires verbaux, car il veut soutenir son crédit par le trouble et la force et la provocation, sous la protec¬tion des bombes et des avions et de deux cents hommes de main, armés jusqu’aux dents, estimant qu’il pourra triompher de l’oppo¬sition d’une grande partie des Tunisiens, par les mêmes procédés qui nous ont fait triompher naguère du colonialisme français avec cette différence que, aujourd’hui, ce sont ses sicaires et lui-même qui disposent, avec la collusion de la France, des for¬ces armées dont la France s’est servie contre nous. Il est vrai que ma présence et ma parole ont réveillé de sa torpeur une partie de l’opinion que la peur avait réduite au silence mais qui aurait un jour ou l’autre explosé sous une autre forme.
« Il est vrai que j’ai voulu dépasser le problème que les con¬ventions n’ont pas résolu parce que le ramassis d’ambitieux bour¬guibiens a calculé qu’elle (sic) acquerrait ainsi la protection de la France pour leur permettre de jouir des places et de l’exploi¬tation incontrôlée des plaisirs du pouvoir. Il est vrai que j’ai pu me rendre compte au cours de mes voyages et à l’occasion de mes contacts avec le monde extérieur que la Tunisie et l’Afri¬que du Nord sont en mouvement vers un état de plus complète émancipation que celui où prétendent le fixer les conventions. Mais je ne désire pas créer un état de choses qui précisément contrarie le mouvement inauguré pour la Tunisie vers l’éman¬cipation. Ce que je demande, c’est que l’opinion réelle du peu¬ple tunisien ait toute liberté de se révéler par le moyen d’élec¬tions accomplies sans contrainte. Or toute la campagne électo¬rale qu’organise l’homme de mains du parti destourien qui s’intitule ministre de l’Intérieur est concentrée sur la mise en place de terroristes tant administratifs que policiers, qui paraly¬sent d’ores et déjà la libre détermination du corps électoral.
» Je n’ai nullement besoin de me donner la peine d’inviter les électeurs à regimber : ils le font d’eux-mêmes, et la contre-action dans le pays s’organise spontanément. Je n’ai ni le droit, ni la qualité, ni le pouvoir, ni le désir de les décourager. J’ai invité à des confrontations contradictoires ! Elles ont été refusées… Je n’ai pas besoin de leur distribuer l’argent de Bandoeng, s’il en vient, je l’ignore et ce n’est pas pour moi, j’ai de quoi vivre, quelques revenus et les adhérents au Secrétariat Général coti¬sent de bon coeur. Ce que je constate, c’est qu’il me devient de plus en plus difficile de calmer cette opinion, dans la mesure où j’ai du crédit auprès d’elle, crédit que je perdrais bien vite si je désavouais catégoriquement les actes spontanés, même si je les ai réprouvés. Ma position d’opposant ne peut se priver de cet atout, de ce concours, puisqu’il n’est qu’une réplique à la provocation tyrannique et terroriste dont ni moi ni mes partisans n’ont pris l’initiative.
» On m’a montré que vous aviez écrit vous-même, avant que ne soient ouvertes les négociations, qu’une large partie de l’opi¬nion publique était absente de la négociation. C’est elle en par¬tie qui, aujourd’hui, a le droit de se manifester par de libres élec¬tions. Elle se révèlera peut-être minoritaire, peut-être majoritaire, je n’en sais rien, j’en demande l’épreuve, mais dans le premier cas, cette opinion dispose d’un moyen constitutionnel d’opposi¬tion, dans le second cas, elle amènera le gouvernement français à reconsidérer la situation, à l’aligner sur le Maroc ou sur l’Algé¬rie selon ce qu’elle sera dans ces pays. – Quant à ma mission orientale, n’exagérons rien. Vous savez bien à cet égard quelles sont mes dispositions personnelles d’esprit. Je veux, moi aussi, que le Maghreb acquière sa personnalité internationale, mais pour son compte, non pour le compte de telle ou telle puissance et à l’extérieur, fût-elle afro-asiatique ou arabo-musulmane ! – et je sais que l’usage que le Maghreb doit faire de cette person¬nalité reconquise, c’est pour l’associer de quelque manière à délibérer, au destin de la France qui nous a faits, et que nous ne pouvons rien faire dans le monde sans elle et que nous avons l’habitude de la France. Mais pourquoi voulez-vous que par des declarations prématurées je dénature mes chances dans-une négo¬ciation éventuelle devenue inéluctable, que je me prive’ des atouts que j’ai acquis en Orient ? Je les garde dans mon jeu : il y aura un moment de choix où je n’aurai plus besoin d’eux, et où Tunisie, France, Maroc et Algérie seront les charnières de deux mondes, et libres et maîtres de jouer ce grand rôle.., Comment la France ne se rend-elle pas compte que Bourguiba et les siens l’ont déjà trahie ! qu’ils se moquent d’elle alors que moi, elle ne peut me reprocher que de ne l’avoir jamais trompée ! Vous voyez bien qu’ils s’essouflent tous à rejoindre mes positions, à vouloir les dépasser, à me gagner de vitesse et vouloir me sur¬classer par des surenchères qui sont autant de répudiations hon¬teuses et hypocrites des conventions ? A-t-on jamais étalé plus de flagornerie et de platitude que n’a fait Bourguiba à l’adresse de l’Orient arabo-musulman dans son discours d’orientation du congrès de Sfax ? N’est-ce pas à la répudiation des conven¬tions qu’a abouti le congrès dans sa motion politique? Quel Bourguibien oserait aujourd’hui se référer au préambule des conventions? Où sont la coopération, la communauté, la réci¬procité ? Peut-être en moi mais je n’en dirai rien, car eux, ils renient leur signature, comme ils ont renié les programmes du parti. La France capitule devant ce forban ! etc… en leur consen¬tant des transferts de force de police que je ne revendique pas, moi, parce que je n’en ai pas besoin pour me défendre contre elles, dans ma vie, ma sécurité et ma liberté – ce qu’elle devrait faire, ce qu’elle ne fait pas, – ce qu’elle devrait exiger du Haut Commissaire et de M. France au lieu de lui demander le contraire… ? »
Ces propos sont réunis ici bout à bout ; interrompus par moi d’objections, de nuances, d’approbations, de parenthèses et d’anecdotes, ils ont absorbé deux bonnes heures d’entretien. B. Y. m’a demandé un autre entretien :« Constructif, si possible, celui-là, et concret. On tue chaque jour mes amis et c’est moi l’assassin. Non, Saumagne, il y a mieux à faire, un grand et beau Maghreb, avec son âme à lui, sa politique, ses institutions traditionnelles, mais modernisées, proches de celles de l’Occident auquel il a toujours appartenu, que la France devance d’autres puissances à nous y aider… »
Je crois bien comprendre que B. Y, serait assez désireux de modifier son personnage et d’agir de telle manière que la France cessât de s’intéresser exclusivement à Bourguiba pour le saisir
ses propres vues. Il ne doute pas que le bourguibisme ‘adopte les vues essentielles du yousséfisme touchant le progrès vers l’indépendance et il voudrait bien s’arroger le bénéfice d’éventuels succès que le B(ureau) Pol(titique) cherche à lui confisquer. Seydoux m’a dit que B. Y. le fait assiéger par des commissaires qui lui font part du désir qu’il a de l’entretenir. Avec moi-même, il pense que je pourrais être un truchement utile et veut visiblement pousser la conversation au « concret » et au constructif ». Il doit disposer des moyens de provoquer une détente, peut-être même de fixer un modus vivendi mais je n’ai pas pu démêler à quel prix il voudrait qu’on les lui payât. Je ne le crois pas emporté par la passion mystique d’indépendance locale dont il affecte d’être embrasé. Il a pris le goût des grands ensembles mondiaux, dans l’orchestre des grands. Un mot pour¬ant : Je ne souhaite pas d’être l’ambassadeur de la France auprès de l’Orient. « Moi seul j’ai assez de crédit pour que la France tire de ce côté tout le profit moral et politique du sacri¬fice qu’elle a consenti et consentirait. Ce sont mes atouts… et ceux de la France ! »
Deux propos de B. Youssef :« On dirait que la France éprouve une jouissance sadique à se faire arracher poil par poil, a barbe affreuse de la colonisation ! et ce seront désormais, chaque fois des cris, des douleurs, du sang, des résistances et des hostilités. Or, elle sait d’ores et déjà que cette barbe doit tomber toute entière ! que ne l’arrache-t-elle tout du coup, comme je lui demande de le faire, quel beau visage nous lui composerions alors ensemble. Sans compter qu’elle aura ainsi fourni à Bour¬guiba la gloire d’avoir remporté sur elle autant de victoires qu’il lui aura douloureusement (arraché) de poils de cette barbe, qu’il en tirera gloire et crédit. Ce que l’opération, une fois consom¬mée, il ne restera entre la Tunisie de Bourguiba et la France que ressentiment, rancune et inimitié et même hostilité. – Tu diras à B. (ourguiba) qui désormais je l’obligerai à enfourcher chaque jour de sa vie un dada nouveau jusqu’à ce que le dernier lui casse les reins. »

Ch. SAUMAGNE.

Par défaut

Emissaires de Salah Ben Youssef reçu par Seydoux : 28 déc. 1955

 

Roger Seydoux reçoit des émissaires de Salah Ben Youssef

 

 

(28 Décembre 1955)

 

J’ai reçu tout récemment les visites successives de deux amis de Salah Ben Youssef.

 

Mes interlocuteurs, qui étaient chargés de messages identiques, m’ont dit que l’ancien secrétaire général du Néo-Destour s’inquiétait de l’accélération de l’application des Conventions dans le domaine de l’ordre public, accélération de nature à gêner son action puisqu’elle permettait au Gouvernement tunisien, et en particulier à Mongi Slim, de disposer des moyens de police qui ne devraient normalement relever que du Haut-Commissaire.

 

Mes interlocuteurs m’ont déclaré que de nouvelles mesures de cet ordre seraient considérées par Salah Ben Youssef comme une ingérence de la France dans les affaires tunisiennes puisqu’elles tendraient à faire sortir le Haut Commissaire de son rôle d’observateur impartial de la politique de la Régence. Je ne devais considérer ces démarches que comme un avertissement amical. J’étais prié toutefois de ne pas me montrer plus libéral en matière d’ordre public. M. Salah Ben Youssef devait, si je persévérais dans cette voie, tirer les conséquences de mon attitude « lorsqu’il serait au pouvoir dans trois mois tout au plus ». Mes deux visiteurs, qui ne m’ont pas caché que l’ancien Secrétaire Général du Néo-Destour s’irritait de son isolement progressif, m’ont fait savoir que M. Salah Ben Youssef désirait me rencontrer en privé. Cette requête m’avait déjà été adressée quelques jours avant mon départ pour Paris.

 

J’ai donné à mes interlocuteurs les assurances que vous m’avez autorisé à communiquer à l’intéressé en ce qui concerne sa sécurité. Je leur ai dit d’autre part que j’étais favorable à la liberté de réunion, dans la mesure où l’ordre public ne risquait pas d’être troublé. J’ai réservé ma réponse sur la demande d’entrevue, me contentant d’indique qu’à Tunis le secret n’était pratiquement jamais assuré.

 

Ces propos, qui traduisent l’inquiétude de Salah Ben Youssef et de ses amis, sont à rapprocher de ceux que m’a tenus SA le Bey samedi matin (référence mon télégramme n°4518/4525).

 

 

Roger Seydoux

Par défaut

Assassinat de Salah Ben Youssef à Frankfort : 12 Août 1961

القضية الحقيقية لاغتيال صالح بن يوسف

عن ابراهيم طوبال

و إذا كانت المعارضة الوطنية التونسية، في مسيرة نضالها لم تنس يوما الشهيد بن يوسف و عملت كل ما بإمكانها، و حسب إمكانيتها، على فضح الجريمة، و تعرية القتلة، و رغم إيمانها بأن شعبنا يعرف الحقيقة، و إذا كان يجهل فصول الجريمة فلقد حان الوقت لشعبنا، كل شعبنــا، أن يطلع على الحقيقة كاملة لشحذ همته، و تعبئة صفوفه، في مرحلة من أخطر المراحل التي يمر بها نضاله لإنهاء نظام بورقيبة، و محو العار الذي لحق به من جراء وجود بورقيبة، رئيسا له طيلة هذه الفترة، رغم معرفتنا بكل ما قدمه جماهيرنا من تضحيات، و دماء لإسقاط هذا الحك، و إعادة تونس  إلى وجهها العربي النضالي الصحيح.

و إذا كان الرئيس بـــورقيبة، قد ارتاح لجريمة اغتيال الشهيد صـالح بن يوســـــف في أوت/آب 1961 معتقدا أنه باغتياله انما يغتال إرادة النضال عند شعبنا و تمسكه بعروبته إلا أن ظنه خاب عندما حمل مشعل النضال رفاق لابن يوسف و شباب تونس أبي لبلاده الإذلال و الاضطهاد. و ها هو بورقيبة يعود من جديد لينكأ جراح شعبنا، و يتصرف تصرفات هستيرية، جعلت حتى الصحافة الدولية التي كانت تبجله و تثني على حكمته و بصيرته (الأغراض ليست خافية على أحد) تشك بقدراته العقلية التي يعرف شعبنا منذ زمن طويل أنها غير متزنة.

لقد عاد الرجل المريض، من جديد إلى مسرح الجريمة محاولا أن يبرئ صنيعته بشير زرق العيون، من دم الشهيد، ذاكرا أن البعض يعتقد بأن السفاح البشير زرق العيون هو القاتل، بينما زرق العيون كان أثناء الجريمة في سويسرا.

و هذا ما أكدته المعارضة التونسية من قبل للصحافة العالمية.

و لكن بورقيبة لا يستطيع في حديثه أن يمحو العار عن هذا المجرم، الذي لعب دورا أساسيا في الجريمة، مستغلا صلة القرابة، التي تربطه بالشهيد صالح بن يوسف كابن خالته، و المسؤول عن إعداد تفصيلات الجريمة، و دقائقها وطريقة تنفيذها، و الذي يتحمل  مسؤولية اغتيال  عــدد آخر  من مناضلينا في تونس أيضا.

و إذا كانت السلطات الألمانية و السويسرية، لاعتبارات سياسية محضة لم تفضح القتلة المجرمين، و من وراءهم. إلا أنني أن أؤكد مجددا، و نتيجة إطلاعي على بعض الوثائق التي سمح لي بالإطلاع عليها، و البحث الموضوعي عن هوية  القتلة و من وراءهم و من خلال  أحاديثي مع شخصيات سويسرية و ألمانية مسؤولة، أن أؤكد من جديد، بأن المجرم الحقيقي هو زرق العيون بمشاركة ابن أخته بــن تـربوط و الصادق بن حمزة و رزقي و السفير توفيق العرجان زوج بنت وسيلة بنت عمار. و أن المنفذين هما محمد الورداني و علي ورق. و أن الدافع للجريمة، و تصفية الشهيد تصفية جسدية، هو بورقيبة       و عشيقته آنذاك، و زوجته الحالية وسيلة بن عمار بمشاركة علال العويتي و حسن بن عبد  العزيز الورداني و عبد الله و محمد فرحات.

بورقيبة يخدع السويسريين

و لإعطاء التوضيحات و التفاصيل، و الكشف عن القتلة المجرمين، و من وراءهم، لابد من العودة إلى سنة 1961 و إلى شهر فيفري (شباط) بالتحديد. مستندا في هذه التوضيحات، على وثيقة مكتوبة من قبل الشرطة السياسية السويسرية. فلقد حاولت السلطات السويسرية و نتيجة إلحاح دائم و شديد، من قبل بورقيبة، بحجة  العمل على وفاق الرجلين، ترتيب لقاء بينهما، يتم على الأراضي السويسرية، التي اشتهرت بحيادها و بموافقتها الإنسانية ، للمساهمة حسب رأي بورقيبة في جمع الشمل، و إنهاء الفرقة و الانقسام، مما يساعد على استقرار تونس و بنائها، و يعزز مكانة سويسرا، في قلب تونس. للدور الإيجابي الذي تقوم به و يكسبها حمدا و شكرا و سمعة طيبة تضاف إلى سمعتها المشرفة.

و لم تكن السلطات السويسرية بالتأكيد تدري نوايا الحبيب بورقيبة الخبيثة، و أهدافه من وراء هـذا اللقــاء الذي كان عبارة عن عملية جس نبض للشهيد صــالح بــن يــوسف، طامعا من وراء ذلك وهو ماسك بزمام سلطة البلاد، أن يشعر الشهيد بأنه القوي و من  مركز قوته يصفــح عنه، و يدعوه للعودة للبلاد تحت ستار انتهاء الفرقة و الانقسام و الائتلاف.. فإذا عاد كان في ذلك نهاية له لأنه يصبح تحت رحمة بورقيبة و جهازه البوليسي. و إذا رفض العودة، كان ذلك دلالة على انه متشبث بأفكاره، و مصمم على السير في طريق مكافحة  البورقيبية  مما يستدعي معه تدبير  خطة للخلاص منه في الخارج.

و هذا ما حدث فعلا. فالشهيد بن يوسف الذي كان يعيش في القاهرة التي وجد بورقيبة انه من العسير عليه أن يقضي عليه فيها. حاول استدراجه إلى أوربا حيث يستطيع القتلة فيها، و تحت حماية الحصانة الدبلوماسية، أن ينفـــذوا الجريمة.

و قد شعر الشهيد على ما يبدو بالمكيدة التي تدبر لـــه، فرفض مقابلة بورقيبة في سويسرا، و لكنه و تحت إلحاح السلطات السويسرية و الضمانات التي قدمتها له  بالحمــاية، وافق على المقابلة شريط وجود ممثلين عن السلطات السويسرية ضمن قاعة الاجتماع. و أن يعامل السيد صـالح بن يوسف نفس المعاملة  التي يعاملها بورقيبة نــدا لند و ألا يعامل  بورقيبة كرئيس دولة و السيد صالح كرجل عادي. و ضمن هذه الشروط التي وافقت عليها السلطات السويسرية، قبل السيد صالح بن يوسف، و قد جرت المقابلة على الشكل التــالي :  دخل  بورقيبة الصالون الذي كان يوجد فيـــــه أفراد من الشرطة السياسية السويسرية بعد أن خرج من غرفة نومه، التي كان يوجد فيها كل من وسيلــة بن عمار و علال  العويتي و بشير زرق العيون و توفيق ترجمان، و ذلك في اللحظة التي دخل فيها السيد صــالح إلى الصالون. و مـد بورقيبة يده لمصافحة صالح، لكن هذا رفض مد يده إليه. فلقد أبى على نفسه أن يصافح اليد التي  وقعت اتفاقية الخيانة مع فرنسا. و جرى بعد ذلك الحديث التالي :

–         الحبيب بورقيبة :

« إنني أحترمك كثيرا، و أريد أن نتعانق و أن ننتهي من خلافاتنا، التي لم تعد لها في الواقع يسبب يذكر. خصوصا و قد أحرزنا استقلالنا. إذن فلنضطلع بهذه المهمة معا. أما الباقي فقد كنت أنا على حق. و كنت أنت مخطئا. ذلك لأن الاتفاقيات الفرنسية /  التونسية، لم تكن خطوة إلى الوراء، بل كانت خطوة غلى الأمام ».

–         صالح بن يوسف  :

« ليس صحيحا. مازلت أعتبر الاتفاقيات، خطوة إلى الوراء. و الاستقلال الصوري، الذي تحدثني عنه، ليس إلا كارثة على تونس و الثورة الجزائرية. التي اعلم بأنك تتآمر علها. و أن هذه العصابة التي تحيط بك، لا تشجعني على مصافحتك. بالتالي على معانقتك. أما الاستقلال الصوري، فإنه لم يتم الحصول عليه إلا بفضل معارضتي للاتفاقيات. و للتأكد من ذلك عليك الرجوع إلى تصريحات ادغافـور و بينـو و آلاي سفاري و جي مـولـي في البرلمــان الفرنسي في جوان 1956″. (و كان القادة الفرنسيون قد أكدوا في تصريحاتهم أما الجمعية الوطنية في جوان (حزيران) 1956 على أهمية بروتوكول 20 مــارس 1956 لإيقاف الثورة التونسية بقيادة صــالح بن يوسف و قطع كل محاولة لمساعدة الثورة الجزائرية و منع دخول تونس الجامعة العربية عن طريق  هذه الإتفاقيات و تكريس زعامة بورقيبة صديق فرنسا الذي سيضطلع بكل هذه المهام و يمنع تونس من لعب دورها العربي المأمول و تحطيم الدفع القومي العربي الذي يتزعمه عبد الناصر نحو شمـال إفريقيا). و استأنف صالح كلامه قائـلا:  » و عليك أن تعلم، أنه لولا إلحاح سويسريين لمقابلتك لما قابلتك، نظرا لخيانتك التي لا تستحق إلا الصفح ». و قد عرت بورقيبة الدهشة. و استشاط غظا من كلام  السيد صالح الذي كان صفعة قوية  له.  و فضحا لسياسته. فقال بلهجة حاقدة :  » مازلت مصرا على قصر نظرك ». و كان رد السيد صالح صفعة قوية على وجه بورقيبة.       و توتر الجو و انقلب الاجتماع إلى هرج و مرج و اضطرت الشرطة السياسية السويسرية للتدخل و إخراج السيد صالح من الصالون. و عاد بورقيبة إلى غرفة نومه بعد أن تعرض لهزيمة شنعاء و إهانة سياسية عميقة، و الحقد يأكل قلبه على رجل مصمم على متابعة طريقه الوطني و غير مستعد للتخلي عن أفكاره           و مبادئه و كانت هذه المقابلة  الصاخبة حاسمة  فقرر بورقيبة بدفع من وسيلة بنت عمار التخلص منه، و كلفت صهرها توفيق الترجمان و بشير زرق العيون باللحاق بالسيد صالح. (و كانت الشرطة السويسرية قد اصطحبته باتجـاه  الحدود الألمانية) حتى يسترضوه و يهدئوا من غضبه، ليسهل عليها بعد ذلك  تنفيذ الفكرة  الجهنمية التي قرروها. و فعلا وصلا قبل مغادرة السيد صالح الحدود و طلبا مقابلته. و قد قبل صالح مقابلة بشير زرق العيون نظرا للقرابة رافضا حضور توفيق ترجمان. و خاطبه بشير قائلا: « سيدي صالح، لقد ارتكبت خطأ كبيرا. فقد كان عليك أن تقبل العودة بالعـودة للوطن لتخلصنا من هذا الملك الجديد، الذي تجاوز في نزواته و استبداده، ما قام به البايات الذي يدعـى دوما أنه خلعهم. و من ناحية أخرى ، لقد تمكنت بعد ذهابك من إقناع بورقيبة، و بفضل مجهودات وسيلة، التي لا زالت تحتفظ لك بنفس العاطفة الحارة !! بإبقاء باب الحوار مفتوحا، فإذا كنت موافقا فإن وفدا سيأتيك  للاتفاق على إجراءات مقابلة ثانية و لا تخشى شـرا، فسأكون أنا ابن خالتك ضمن الوفد و أن يكون لقاؤك الثاني  معه بعد شهرين أو ثلاثة، تكون خلالها جراح اللقاء الأول قد ضمدت، أما  المكان فليكن  بيروت مثلا أو ألمانيا.   

و عاد صالح للقبول بمبدأ التفاوض آخذا طريقه نحو القاهرة. و بدأ سيل البرقيات عليه. طالبة تحديد تاريخ و مكان اللقاء، و لكن السيد صالح لم يعرها انتباها، و لم يعط أي جواب.

و لكن يد الجريمة كانت تستعد و المجرمون ينتظرون اللحظة المواتية. و كان ذلك  في شهر أغسطس (آب) 1961 و في مدينة فرانكفورت في ألمانيا الغربية. و من الأهمية بمكان أن ما أذكره الآن مأخوذ من وثائق الشرطة اللألمانية – السويسرية و التقرير  العام للسيد جروسمان النائب العــام لمدينة فرانكفورت.

القصــة كما جـرت  :

في 2 جوان (حزيران) سنة 1961، توجه السيد صالح بن يوسف إلى ألمانيا الغربية مصطحبا زوجته و أولاده بقصد عرض نفسه على طبيب خاص. و علم المجرمون في تونس بسفره بعد أن أجبر السلطات المصرية على السماح له  بالمغادرة  بعد إصرارها على عدم الموافقة على سفره  لخوفها على حياته فسارع  بشير زرق العيون بإرسال شريكه التجاري المزعوم الصادق بن حمزة إلى فرانكفورت الذي قابل السيد صالح برفقة ابن تربوط (ابن أخت زرق العيون) بقصد التمهيد للمفاوضات وهي الوسيلة التي اتخذوها لدراسة ميدان الجريمة و طريقة تصفية صالح. و بعد رجوعهما إلى تونس ووضع اللمسات الأخيرة في خطة الاغتيال و تفصيلاتها و أخذ موافقة بورقيبة و وسيلة و شخصيات مسؤولة أخرى عليها،أخذ القتلة طريقهم إلى سويسرا في مطلع  أوت (آب) 1961 مزودين بجوازات سفر دبلوماسية بأسماء مستعارة و سلمت لهم بأمر من السيد الطيب  السحباني الذي كان أمينا عاما لوزارة الخارجية، حاملين بطاقات سفر من شركة  الطيران السويسرية (فرع تونس) و لا تزال السلطات الألمانية و السويسرية تحتفظ بقسيمات هذه التذاكر. و من  هنا نستطيع نكذب مزاعم بورقيبة  في خطابه  بأن التذاكر اشتريت بالتبرعات المالية. و قد تم الاتصال الهاتفي من سويسرا بالسيد بن تربوط الذي كان طالبا في مدينة هامبورغ و كلف  باستقبال القتلة في فرانكفورت و قد حجز القاتلان في فندق روايال بمدينة فرانكفورت و من هذا الفندق اتصل  ابن تربوط هاتفيا بالسيد صالح الذي كان في مدينة فيسبادن و ذلك يوم 11 (آب) 1961 حوالي الساعة الرابعة مساءا.

و عندما تأكد ابن تربوط من أن المناضل صالح بن يوسف سيغادر في نفس اليوم مدينة فرانكفورت متجها نحو كوناكري لحضور مؤتمر الحزب الديمقراطي الغيني كمدعو شخصيا من طرف السيد سيكوتوري، بذل ابن تربوط كل جهده لدرجة التضرع لحمل صالح على مقابلة بشير زرق العيون لترتيب أمر  المفاوضات و عندما سأله عما إذا كان بشير برفقته ادعى بأن الأخير يسوي بعض الإجراءات في قاعة استقبال الفندق و أنه لن يتأخر  طويلا للصعود إلى الغرفة   و عندئذ وافق صالح على المقابلة و طلب  من ابن تربوط أن يخبــر بشير زرق العيون بانتظاره في الفندق الساعة السادسة مساء بالضبط لأن موعد إقلاع الطائرة  من فرانكفورت باتجاه زوريخ سيكون في الساعة الثامنة.

غادر السيد صالح فيسبادن مباشرة برفقة زوجته إلى فرانكفورت قاصدا فندق روايال للوفاء بعهده و حضور المقابلة. و قد لاحظ عند وصوله الفندق بأنه لا يوجد به صالون يذكر فرأى من الضرورة و الأفضل ترك زوجته تنتظره في مقهى مجاور مؤكدا لها أنه لن يتأخر أكثر من نصف ساعة.

و من هنا يتأكد لنا أن اختيار الفندق تم بعناية فلو كان يوجد فيه صالون يسمح بالاجتماع  لما استطاع القتلة تنفيذ جريمتهم أمام الناس، و هكذا اضطر السيد صالح  لمرافقة  ابن تربوط الذي كان بانتظاره إلى الغرفة التي ادعى  بأنها غرفة بشير زرق العيون و التي كانت في الحقيقة غرفة القتلة و بعد وصولهما إلى الغرفة لاحظ السيد صالح  أن بشير زرق العيون غير موجود و لكن ابن تربوط أكد له أنه لن يتأخر و رجاه انتظاره قليلا فجلس السيد صالح على مقعد معد يكون فيه ظهره مقابلا لحمام الغرفة التي خرج  منها القاتلان (الورذاني و علي ورق)  و أطلق احدهما النار على السيد صالح من مسدس فأصابه خلف أذنه و أرداه قتيلا و غادر المجرمان الفندق فورا بسرعة كبيرة حيث ركب الطائرة التي كان سيركبها صالح بن يوسف إلى زوريخ و التحقوا بزرق العيون الذي كان بانتظارهم مع السفير توفيق الترجمان و انقسمت العصابة عندئذ إلى فريقين فريق سافر إلى تونس عن طريق روما  و أخر  عن طريق جنبف.

و فيما يلي بعضا من شهادات الشخصيات الهامة وهي مسجلة في وثائق  المعارضة الوطنية التونسية التي سلمتها إلى النائب العام الفدرالي الألماني. و لنبدأ من البداية.

الشهادة الأولى : الطيب المهير وزير الداخلية التونسية

قبل الإغتيال :  

في نهاية شهر ماي (ايار)1961 وصلني مبعوث من طرف وزير الداخلية التونسية آنذاك السيد الطيب المهيري يطلب من ألا أدع صالح بن يوسف يغادر مصر إلى ألمانيا لأنه معرض للاغتيال. و رفض المبعوث أن يعطيني أية تفاصيل أو معلومات رغم إلحاحي الشديد. فسارعت لإبلاغ السيد صالح ذلك موضحا  له أن هذا يتطابق مع ما أسر لي به محمد صفر و مسؤول في الحكومة المؤقتة للجمهورية الجزائرية. و لكن السيد صالح لم يعر هذا الأمر أي اهتمام مما دفع بي إلى إعلام السلطات المصرية بالأمر و بالتحديد السيد محمود رياض (مستشار الرئيس سابقا و الأمين العام للجامعة العربية حاليا) راجيا سحب جواز سفره و منعه من المغادرة. و للتاريخ أقول بأن المسؤولين المصريين لبوا هذه الرغبة         و سحبوا الجواز و لكن السيد صالح رحمه الله استنكر العملية و طاف  بالسفارات العربية     و الإفريقية منددا بالنظام الناصري الذي يمنعه من مغادرة مصر  للعلاج فما كان من الرئيس الراحل عبد الناصر ألا أن  أمر بالسماح له بمغادرة البلاد.. لقد تسرع الشهيد صالح و لو انصاع للرجاء و تمهل لأنقذ حياته و لكنه قدره الذي جره إلى حيث ينتظره المجرمون.

الشهادة الثانيـة : محمد صفــر

عضو الحزب الدستوري الجديد و نائب في البرلمان التونسي و رجل أعمال.

عندما كان السيد محمد صفر متوجها إلى طهران عن طريق القاهرة في ماي (ايار) 1961 اتصل بي هاتفيا و طلب مني مقابلته في فندق هيلتون و قد تم اللقاء و كان يصحبه ابن محمد شنيق رئيس الحكومة سابقا و الذي  كان يجلس غير بعيد منا.

و قد تكلم السيد صفر بصوت خافت و طلب مني أن اخطر السيد صالح بأن بشير زرق العيون يدبر محاولة  الاغتيال و أنه لا يجوز أن يغادر التراب المصـــــري و قد ذكر أنه خلال زيارة له لبورقيبة لاحظ أنه كان في حالة غضب عنيف و أطلعه على رسالة من صالح تتضمن شراء أسلحة و إعداد مؤامرة ضد النظام. و أردف قائلا: أصارحك بأنني أطلعتك على هذا لأنني مازلت احتفظ بعاطفة صادقة للسيد صالح فهو الذي دفع بي لتبني أفكار الحزب. و إذا كنت الآن في صف بورقيبة فإن هذا ليس عن اقتناع سياسي و إنما لمصلحة مادية و اتقاء الخطر فلا تنسى أنني رجل أعمال  و ملاك و لا شك أن السيد صالح يعرف هذا جيدا و لا بد أنه يغفر لي ذلك. و لكن و طالما أن حياة السيد صالح في خطر فإنني أعتبر من واجبي أخطاره و أطلب منه إن تتوسل إليه عن لساني أن يرفض كل اتصال بزرق العيون و أتباعه.

و قد اطلعتا السيد صالح على ما دار بننا فكذب تكذيبا قاطعا وجود الرسالة المزعومة التي تحدث عنها محمد صفر و طلب مني إخبار الصحافة بذلك، و نفى ادعاءات بورقيبة مضيفا بأن الهدف من كل  ذلك هو شل  نشاطه السياسي و بأن محمد صفر لو كان صادقا    و لم يكن غدارا لقابله شخصيا.

و لا شك أن السيد صالح بن يوسف لم يكن مقتنعا بكل ما قاله محمد صفر و زاد من شكوكه موضوع الرسالة المزعومة كما أسلفت.

الشهادة الثالثــة : مبعوث الحكومة المؤقتة الجزائرية

خلال شهر مايو (ايار) 1961 زارني مبعوث خاص من طرف الحكومة المؤقتة الجزائرية (اعتذر لعدم إمكاني ذكر اسمه حاليا) و أخبرني بأن بورقيبة  يعتزم اغتيال السيد صالح أثناء سفره خارج مصر و قد قال  بالحرف الواحد : « لمصلحة  السيد صالح بن يوسف  الخاصة و تونس و لصالح استمرارية الثورة الجزائرية التي تعتبر سي صالح عامل ضغط رئيسي على بورقيبة و تحديد مواقفه من ثورتنا و شوكة في حلقه فمن واجبك اخطاره بالا يرتكب خطأ هذا التنقل و عليه بالصبر حتى النصر النهائي لثورتنا التي ستمحى كل أثر للنظام البورقيبي و لكل اقطاعية في المغرب العربي »

الشهادة الــــرابعــة : ابـــراهيــم طـوبـال

في الساعة الواحدة بعد ظهر يوم 12 أغسطس (آب) 1961 كلمتني صوفية بن يوسف بالتلفون من فرانكفورت و لم استطع أن أفهم صراخها و كلماتها المتقطعة، و الممزوجة بالبكاء و النحيب. و بعد دقائق كنت عند المسؤولين في رئاسة الجمهورية المصرية الذين أتوا بتسجيل المكالمة من إدارة البريد و للاسلكي و عرفنا سر بكاء السيدة حرم الشهيد إنها تصرخ بي من فرانكفورت.. مات صالح يا إبراهيم .. قتل صالح يا إبراهيم.. مات… قتلوه.. غدروا به المجرمين.. أقدم خوذ أول طائرة.. و في الحين استقبلني الرئيس الراحل جمال عبد الناصر الذي بادرني بالتعزية و ملامح  الحزن بادية على وجهه : « الحبيب عرف يوقت عمله هـذا… إنه لمجرم .. مجرم… استغل  قضية بنزرت… و تحريرها… كل الأنظار متجهة نحو المعركة.. كل الشعوب العربية  تعمل لمساندة كفاح شعب تونس في معركته البطولية في بنزرت… في هذا الوقت بالذات يضرب سي الحبيب المجرم ضربته بهذا الأسلوب الجديد… هذه بداية سيئة و نموذج جديد في القضاء على الخصوم السياسيين و انه ليخيل لي أن بورقيبة بما يتصف به من مكيافلية سوف يبعد عنه أصابع الاتهام فيطالب ألمانيا بجثمان صالح و يدفنه بمظاهرة كبرىو يؤبنه إذ لزم الأمر عاملا بالمثل القائل : يقتل القتيل و يمشي في جنازته. يا أخ إبراهيم ما عليك إلا أن تسافر توا إلى ألمانيا و ترافق الجثمان إلى مصر   و أنني من جهتي سآمر بالاتصال بالسلطات هناك لكي يكونوا في مساعدتك ».

عندما وصلت مطار فرانكفورت يم 13/8/1961 وجدت في انتظاري النائب العام الفدرالي و مدير الأمن اقتاداني إلى المشرحة حيث شاهدت جثمان الشهيد و كان الوداع الأخير ثم رافقني إلى مدينة فيسبادن عند السيدة صوفية حرم السيد صالح بن يوسف و هنا أبلغنا النائب العام ببعض ما توصل إليه البحث الأولي وهو أن قاتلي صالح بن يوسف دخلا ألمانيا من سويسرا بجوازات سفر تونسية و بأسماء مستعارة (النعار – الجندوبي) و أن الجوازات أصدرتها سفارة تونس في « برن » و أن المدعو بشير زرق العيون كان في زوريخ أثناء الاغتيال و غادرها  مصحوبا بثلاثة أشخاص ثم يسألني عما اعرف عن بن تربوط      و رزقي و الصادق بن حمزة و بعدها وضعت معهما الترتيبات اللازمة لنقل الجثمان إلى القاهرة و كان علينا أن ننتظر أربعة أيام إلى أن تتم كل التجهيزات. و في صبيحة 14/8/1961 طلبت مقابلة وزير الخارجية في بون فاعتذر الوزير و حدد لي موعدا مع وكيل  الوزارة الذي  فاجأني بقوله بعد التعزية :

« مسيو طوبال : إننا نعلمك شفويا، أننا نعرف من هم قتلة صديقك و رفيقك و من الذي سلحهم و أرسلهم و كيف دخلوا بلادنا، و من الذي سهل لهم الدخول و اجزم لك أن في درجي هذا (و أشار إلى درج مكتبه) كل الملف الخاص بالقضية … إلا أن ألمانيا أيها السيد عاجزة في هذه الفترة بالذات، فترة أزمة  برلين عن أن تصرح أو تعلن أي شيء ».

لقد كانت شجاعة كبيرة منا أن يقول النائب العام الفدرالي ما قاله أول أمس إلى الصحافيين: « أن الذين قتلوا صالح بن يوسف يحملون جوازات سفر تونسية و قد غادروا الأراضي الألمانية فور اقتراف فعلتهم. لقد كان هذا التصريح كافيا لتحديد القتلة، لا تطلب منا أكثر من هذا ».و على كل أنني على استعداد أن أضع أمامكم الدوسيه الخاص بالقضية لتقرأه لا غير. و لكنك إذا أذعت شيئا من محتوياته مستندا إلى مصادرنا و ذكرتنا فسنضطر إلى تكذيب ما ستذيعه. و أخرج من درج مكتبه ملفا من عشر أوراق تقريبا، مكتوبة بالألمانية      و لما كنت أجهل هذه اللغة طلبت مترجما. فأتي بأحد المترجمين الذي قرأ لي ما يلي :

« ثـــــلاثة تونسيين، دخلوا فرانكفورت، بالطائرة و كان معهم تذاكر سفر « سويسرا اير » و يحملون جوازات سفر تونسية و أسماء مستعارة (لم يذكر الأسماء) معطاة لهم من طرف السفارة التونسية في « برن » بعد أن سحبت منهم جوازاتهم الصحيحة، و طلبت السفارة التونسية ببرن من السلطات السويسرية اعتماد الجوازات الجديدة، لكي يتمكنوا أصحابها من الرجوع إلى تونس معللين ضياع جوازاتهم الأصلية. و قد أبلغت السلطات السويسرية أمس السلطات الألماني بقصة الجوازات هذه كما وعدت بإرسال الصور الشمسية لهؤلاء الأشخاص » و كان المترجم يقرأ من غير ذكر للأسماء، بل كانت ترجمته مبهمة و متقطعة. طلبت أن أعطى أسماء هؤلاء التونسيين الثلاثة و أن يتمهل في القراءة حتى يتسنى لي استيعاب البحث الأول. و ما كان من وكيل الوزارة إلا أن أمر المترجم بقفل الملف مشيرا لي: « إن هذا الملف لن يضيع انه موجود عندنا، إذا وصلتم للحكم يوما ما في تونس، فسأكون أنا شخصيا من يقدم ملف تحقيق هذه القضية ».

فكان ردي عليه ما يلي :

سيدي الوكيل، إنك لا شك على علم بكل اتصالاتي ليلة أمس و صباح اليوم مع بعض السياسيين الحزبين الموالين و المعارضين للحكم و جميعهم أكدوا لي ما قام  به من ضغط على حكومتكم سفير الولايات المتحدة الأمريكية و أقنعها بطي ملف  هذه الجريمة كما أنكم استقبلتم أمس سفير تونس السيد نجيب البوزيري الذي  أبلغكم رسالة من الرئيس الحبيب بورقيبة يهددكم بالاعتراف بألمانيا الديمقراطية أن تمادي النائب العام في اتهام النظام التونسي بنشره حقائق هذا الملف الذي بين أيديكم.

إذا، ليس لي سيدي الوكيل إلا أن أسجل احتجاجي الشديد مع استنكاري المليء بالمرارة على موقف حكومتكم الشاذ أما جريمة وقعت على أرضها و استخفافها بالعدالة      و إسكاتها باسم السياسة، و بهذا فإن حكومتكم هدمت إحدى دعائمها الأربع. و لم أنتظر رده، استأذنته و غادرت مكتبه لإتمام إجراءات نقل الجثمان إلى القاهرة.

الشهادة الــخامســـة : صوفية زهير حرم الشهيد صالح بن يوسف

دق جرس الهاتف في غرفتنا في فندق فيسبادن.. و أخذت السماعة و سألت من الطالب فرفض المتكلم إعطائي اسمه، و اكتفى بطلب التحدث إلى سي صالح فناولته إياه.

–          صالح : على السلامة… هذا لا يمكنني… إنني على أهبة السفر سأترك الفندق بعد ظهر اليوم إلى كوناكري (غينيا)، تلبية لدعوة وجهها إلي الرئيس سيكوتوري لحضور مؤتمر حزبه، فإذا كنتم مصرين على اللقاء، فأرجو أن يكون ذلك عقب رجوعي بعد عشرة أيام على الأكثر … طال الجدال على التلفون…

–         صوفية : فهمت من خلال الجدل أن المتكلم يصر على رؤية صالح… و تحديد موعد له… و صالح يحاول عبثا تأجيل اللقاء… و أخيرا سمعت صالح يستسلم للإلحــاح و يقول :

–         صالح : حسنا… أستطيع أن أقابلكم في المطار لمدة نصف ساعة ، قبل إقلاع الطائرة إلى زوريخ و عاد الجدل ثانية… فهمت أن المتكلم طلب من صالح مقابلته في فندق قرب محطة السكة الحديد… فأجاب صالح …

–         صالح : حسنا… فليكم على الساعة السادسة مساء. أين… لا أعرف هذا الفندق. تقول أوتيل « روايال » قرب المحطة.. حسنا ثم  طلب مني صالح إحضار مفكرته و أخذ يرسم  عليها عنوان و خارطة مكان اللقاء، و انتهت المكالمة.

و في الساعة الخامسة غادرت و زوجي « فيسبادن » بطريق القطار متجهين إلى « فرانكفورت » و عند وصولنا اتجهنا إلى فندق « روايال »، كان على بعد أمتار من المحطة     و لم يكن فيه صالون فقال لي صالح… امكثي يا صوفية في المقهى المجاور للنزل… سأراهم لمدة نصف ساعة و سأعود لك بعد تحديد موعد آخر معهم… غادرت الفندق و رأيت صالح يركب المصعد مع شاب اسمر لم أر ملامحه جيدا.

انتظرت حتى الساعة السابعة الاربعا، و لكنة لم يأت. و استغربت هذا التأخير لأن علينا أن نكون في المطار في تمام الساعة السابعة… قلقت جدا و اتجهت إلى الفندق و سألت موظف الاستعلامات الذي ابلغني أنه استلم توا العمل من زميله السابق و لم يطلع على شيء فقلت له هل هناك تونسيون بين نزلاء الفندق ؟ فأجاب بعد أن اطلع على الدفتر بالإيجاب قائلا : هناك سيدان تونسيان. فأخذت المصعد برفقته و طرقت باب الغرفة التي ينزل بها أحدهما. فلم أسمع صوتا ما داخلها. فتحت الباب و يا لهول ما رأيت… رأيت صالح ملقى على المقعد، يلهث و الدماء تنزف من مؤخرة رأسه و يداه مفتوحتان و قلمه و مفكرته ممزقة على الأرض بجوار حقيبته اليدوية. فأخذت أصرخ بدون وعي إلى أن فقدته و لم أفق إلا في غرفة أخرى قيل لي إنها في المستشفى.

الشهادة الــسادســـة – نوفمبر (تشرين الثاني) 1963 : محمد المصمودي

كان محمد المصمودي من بين الشخصيات التي دعيت لحضور احتفالات أول نوفمبر في الجزائر سنة 1963، و لدى وصوله طلب مني مقابلته عن طريق  صديق جزائري مشترك هو التاجر السيد بوعلام و قد جرت المقابلة في صالون فندق السان جورج في الجزائر العاصمة و قدم لي المصمودي الهادي بكوش رئيس الشبيبة الدستورية آنذاك و والي بنزرت و صفاقس فيما بعد و نزيل السجن في قضية السيد احمد بن صالح و قد عرض المصمودي علي الرجوع إلى الوطن فكان جوابي أن دعوتي  مرهونة بتلبية شروطي الخمسة (التي لا داعي لذكرها هنا) مع إلحاحي على محاكمة قتلة الشهيد صالح بن يوسف الأمين العام للحزب الدستوري. فرد المصمودي علي مبتسما قائلا بأن هذا الشرط لن يقبل أبدا لأن ذلك سيؤدي لا ريب إلى حمل بورقيبة – العريس الجديد- على تسليم زوجته للعدالة. فقلت : و لكن لماذا زوجته بالذات ؟ عندها قال : « لقد أخبرني زرق العيون بكل شيء ».       و أكد لي بأن وسيلة بنت عمار كانت هي الدماغ المحرك لعملية الاغتيال مضيفا : « و دليلا على صحة ما أقول  إليك ما يلي : أن وسيلة التي تعرف بورقيبة منذ 1943 لم تستطع في يوم من الأيام أن تصبح زوجته الشرعية لأنه كان يعتبر نفسه رجلا منتهيا سياسيا و مقضيا عليه بسبب المعارضة النشيطة التي يتزعمها صالح بن يوسف. و لذا لم تكن بإمكانها أن تصبح السيدة الأولى في البلاد إلا إذا تمت تصفية صالح. و هذا ما اضطلعت به بنجاح مما حمل بورقيبة على جعلها زوجـة شرعية له. و لكن حسب رأيي الخاص، فإن وسيلة أصبحت تجسم الوجود السياسي و الجسمي و النفسي لدرجة أنها استطاعت فصل أحد البوقيبيين – الذين لا يقولن حماسا عني – من المكتب السياسي و الحكومة و الحزب. و من جهة أخرى فإن هذه المرأى الشيطان تحقد علي بعنف لأنني لم اقبل منذ 1958 التزوج من ابنتها.          و بالإضافة إلى هذا فإن ما يزيد من حقدها و كرهها هو رفضنا البات – أنا و زوجتي – المشاركة في الليالي الحمراء التي تنظمها في القصر باتفاق متواطئ مع شقيقتها نائلة عمار بغية إشباع مختلف  الغرائز الفاسدة و المنحرفة لبورقيبة ».

الشهادة الــسادســـة (2)  : محمد المصمودي ثانية

خلال صيف 1964 و بينما كان المصمودي معرجا على القاهرة طلب مقابلتي في فندق شيبرد حيث كان نازلا. ولدى وصولي وجدته برفقة الحبيب بن الشيخ وزير البريد       و المواصلات سابقا. و بدأ المصمودي الحوار هكذا : « لقد قبل يوسف الرويسي الرجوع إلى الوطن دون أي شرط يذكر. فهل أنت مستعد لتفعل مثله ؟ » فكان جوابي : « لقد أخبرتك بشروطي الستة في الجزائر. إلا لأني مستعد للتخلي عن الشروط الخمسة ما عدى شرطا واحدا وهو سبب رئيسي و أساسي بالنسبة لي. حسب رأيك أن بورقيبة ليس متهما في اغتيال الشهيد صالح بن يوسف. فليكن و ماذا ينتظر إذن للتخلص من المتهمين الحقيقيين              و محاكمتهم ؟ فإن هو فعل  يكون قد رد لصالح بن يوسف اعتباره و كذلك للشهداء الآخرين. و يكون بالتالي قد رد اعتبار أنصار الأمين العام للحزب الدستوري. ثم و بفضل هذا يكون قد أعاد الوحدة الوطنية ».

فأجابني المصمودي بأن « الإبقاء و التعلق بهذا الشرط معناه المحافظة على الشروط الخمسة الأخرى. و لئن يبقى لبورقيبة إلا مغادرة البلاد و التخلي عن مركزه إليك » فكان ردي، إنني لا أزعم الاستيلاء على السلطة، ثم و بالخصوص  أفكاري الوحداوية كمناضل قومي عربي تجعل نظرتي تتجاوز كثيرا إطار ما يسمى « بالامة التونسية ». فلم يكن للمصمودي إلا أن أجاب بحرارة « إن كان الأمر كذلك يا سي إبراهيم فإنني أؤكد لك بأن بورقيبية بورقيبة، يمكنها أن تصبح بالنسبة لك صاروخا قاذفا، يقذف بك عاليا… عاليا جدا… إلى ما وراء السماء و الأرض ». فقلت بنفس الحرارة : « حبذا ذلك إنني عندئذ من مناضل وحدوي قومي عربي سأصبح سياسي تمتد أفكاره و نشاطه إلى الكون اللانهائي ».

الشهادة الــسابعـــة : 1964 محمد بدرة سفير تونس بالقاهرة آنذاك

تم اللقاء مع المذكور أعلاه – في إحدى الليالي- في مقر سكناي بالقاهرة  و بحضور صحافي مصري وهو صديق حميم مشترك. و تحدثا إلى محمد بدرة منتقدا النظام القائم في تونس فقال :  » إن خالي سي صالح يتمنا في بلادنا بتركه لبورقيبة يفعل  بنا ما بدا له، بما في ذلك الإهانة، التجريح، الاحتقار… الخ و من الواضح أن بورقيبة هو الذي اغتال خالي صالح بأيدي زبانية وهو بشير زرق العيون، بن حمزة الصادق، الورداني و علي ورق ».

فأكدت له عندئذ بأن الشعب التونسي يعرف ذلك جيدا، و أن الحقيقة لا ريب ستظهر في يوم من الأيام. ثم أضفت بما أنه يعرف الواقعة و المؤامرة بتفاصيلها و الاغتيال البشع، فليس له من مبرر إطلاقا يحمله على المشاركة في حكومة نذلة، أياديها ملطخة بدم خالك الزعيم الشهيد صالح بن يوسف. و أنه  بمشاركته هذه، يؤكد تضامنه مع هذه الحكومة،       و مسؤوليتها الشخصية في هذه الجريمة. و لاحظت له أيضا أن كلا من الباهي الأدغم و ابن صالح و المستيري و المهيري، و سليم، و بالحاج عمار، و فارس، و التليلي، و ادريس،      و المسعدي، و المقدم، و ما يتبعهم، ليسوا أكثر « بــراءة » منه ذلك أنهم تحملوا و ما زالوا يتحملون مسؤولية معنوية ضخمة في هذه الجريمة النكراء. حيث أنهم لم يجرؤوا على مصارحة الشعب و العالم بالحقيقة المأساوية عارية لا غبار عليها و أن  خداعهم يتجسم في سكوتهم و صمتهم المخزي.

تعلو وجهه حمزة الخجل و الذنب و دمعت عيناه. ودعني بهذه الكلمات .. « أعانكم الله و ليرعاكم و يحفظكم بالخصوص ».

الشهادة الــثامنـــة : شهادة أحمد بن صالح وزير التخطيط و اقتصاد و المالية و الفلاحة    و التعليم  سابقا   

بعد فراره من سجن تونس و التجائه إلى الخارج اتصل بي الأخ أحمد بن صالح الوزير السابق و زعيم حركة الوحدة الشعبية حاليا و طلب مني زيارته في محل إقامته في مكان ما.

فلبيت طلبه و تقابلنا و من جملة ما سرده من الأحداث التي مرت به خلال تعاونه مع بورقيبة في حكم تونس تطرق الحديث عن اغتيال صالح بن يوسف فأكد لي أن الدافع للقتل هو بورقيبة (و هذا قبل أن يعلن بورقيبة في محاضرته عن مقتل صالح بن يوسف بعام واحد) ثم استرسل قائلا : بعد الحــادث الإجرامي الذي هز الحزب و الشعب و بعض أعضاء الحكومة بأقل من سنة اتصل بي الحبيب بورقيبة و طلب مني أن أزوره في قصره.

فذهبت إليه و كان معه بعض من رجاله المقربين، فأخذني على جانب من ركن في صالونه و قال لي بصوت خافت و بالحرف الواحد : « يا سي أحمد ابلغني أمس البشير زرق العيون انه اتصل بك و طلب منك بعض تراخيص توريد بضائع من شركات فرنسية فلم تلب طلبه، وهو يطلب مني التوسط لديك فأجبته خيرا و لذا أرجوك قضاء حاجاته و تلبية مطالبه مستقبلا فهو يستحق أكثر من هذا لأن نضاله في الحزب قديم قدم الحزب و له أفضال لا تعد على الحركة الوطنية    و على النظام نفسه و علي شخصيا و أنت تعرف أنه لا يرد له طلب مهما كبر. و لا أخفيك سرا أن لولاه لما بقينا في دفة الحكم في تونس لا أنا و لا أنت… فقد خلصنا من الأفعى صالح بن يوسف بقتله. ألا ترى يا سي أحمد أنه يستحق تقديرنا جميعا فما بالك في إعانته في صفقة تجارية يعقدها و يعيش منها و يكون بها مستقبله. إذا فما عليك يا سي أحمد في المستقبل ألا أن تلبي طلبه و تعطي له كل حاجياته.

Par défaut

رسالة بورقيبة إلى مفتي القدس الأمين الحسيني جانفي 1943

النص الكامل لرسالة الحبٌب بورقٌبة ٕالى المفتً الحاج األمٌن الحسٌنً
سماحة المجاهد اإلسالمً األكبر محمد األمٌن الحسٌنً دام للعروبة كهفا !
السالم علٌكم و رحمة هللا و بركاته، و بعد، فقد تسلمت بٌد اإلجالل و التعظٌم كتابكم المٔورخ فً 12 محرم الحرام سنة 1631، فٔاشكركم على عطفكم و ٕاحساساتكم النبٌلة نحو العبد بصفة خاصة و نحو القضٌة المغربٌة بصفة عامة، جازاكم هللا عن اإلسالم و العروبة ٔالف خٌر و ٔامدكم بنصر من عنده ، وقد تحادثت مع المكرمٌن السٌد رمزي االجاقً و الدكتور سعٌد توفٌق، و اطلعت على نسخة المذكرة التً قدمتموها للمراجع المحورٌة فً خصوص القضٌة المغربٌة ، فٕاذا موقفكم هو نفس الموقف الذي وقفته ٔانا فً مفهماتً مع الوزارة الخارجٌة االٌطالٌة فً الموضوع فقد جاء فً التقرٌر الذي قدمته ٕالى الكومندور ملٌنً بتارٌخ 12 ٌاناٌر الجاري ما ٌلً بالحرف الواحد  » ٔان الشعب التونسً ما ٌزٌد عن العشرٌن عاما وهو ٌجاهد فً سبٌل استقالله ٔاي فً سبٌل شرفه و عزته وحقه فً الحٌاة، فهو ال ٌرضى حٌنٔيذ بالتعاون مع ٔاي دولة ال تعترف له باالستقالل ألنه ٌرى الحٌاة بدون شرف الموت ٔافضل منها، لذلك ٔارى من حسن التوفٌق لو تبادر حكومة جاللة الملك قبل ٔاي تفاوض ببٌان موقفها فً هاته المعضلة
بصورة واضحة و جلٌة، فتعلن بمعٌة حكومة ٔالمانٌا تصرٌحا على نمط الذي شمل البالد المصرٌة ».
ان تصرٌحا كهذا ٌكفً وحده للقضاء على تهم الدعاٌة المضادة و تبدٌد المخاوف من األذهان، بلٕ ل ٔاغالً ٕاذا قلت ٔان هذا التصرٌح ٌجعل حاال من الشعب التونسً حلٌفا طبٌعٌا لدول المحور. على ٔانا هذا العمل ال ٔاراه ٌستلزم الٌوم تذلٌل صعوبات بالغة ، الن استقالل تونس نتٌجة لزومٌة لهزٌمة فرنسا، فمن البدٌهً ٔان فرنسا وقد جردت من كل قوة مسلحة لم ٌبق لها حق وال قدرة على حماٌة غٌرها، فمعاهدة باردو التً فرضتها على تونس بقوة السالح ٔاصبحت و الحالة ما ذكر لغوا ملغٌا، األمر الذي ٌنجم عنه رجوع الدولة التونسٌة ٕالى ما كانت علٌه قبل تلك المعاهدة فٌكون قد رجع ٕالٌها كامل استقاللها
بٌن الدول.
فالتصرٌح الذي ٔاشٌر ٕالٌه حٌنٔيذ ال ٌزٌد فً الحقٌقة على تسجٌل و ٕاقرار ظاهرة واقعٌة هً بالنسبة لفرنسا نتٌجة هزٌمتها، بهذا السلوك ٌفسح المجال و ٌتسنى لحكومة جاللة الباي وقد استرجعت سٌادتها الداخلٌة و الخارجٌة ٔان تتفاوض مع حكومة اٌطالٌا إلٌجاد تعاون متٌن معها، قد ٌتسع لجمٌع المٌادٌن حتى العسكري منها، الن الشعب التونسً اذاك ٌصٌر مستعدا لتقدٌم ٔاعظم التضحٌات فً سبٌل انتصار المحور، ٕاذ ٌكون موقنا ٔان جهاده و تضحٌاته لٌس فً سبٌل تفوق دولة ٓاو كتلة دول ٔاجنبٌة على غٌرها، وٕانما لالستبقاء على ٔاعز عزٌز لدٌه ٔاال وهو استقالله الذي ال ٌكون مضمونا و الحالة هاته ٕاال بانتصار
دول المحور.
اما التعاون فٌما بعد الحرب فال ٌصعب ضبط نطاقه بما ٌالءم مصلحة الطرفٌن ، ٕان ما ٔاظهرهٔ الشعب التونسً من التفهم لمصالح الجالٌات األجنبٌة المشروعة لكفٌل بٕانجاح المفاهمات فً ذلك و تسٌٌرها ٕالى ٔاحسن ما ٌرام، ذلك ٔان الشعب التونسً لم ٌقاوم طٌلة السنٌن العدٌدة ٕاال اإلرهاب السٌاسً و االستغالل االقتصادي الذٌن كان و لم ٌزل ضحٌتهما فهو ال ٌضمر حقدا وال جفاء نحو األجانب بل طالما
رغب من عندٌاته و بمحظ ٕارادته فً تعاون نزٌه صادق مع الشعوب التً سبقته فً سلم التطور ٔاو كانت ٔارقى منه صناعة و علما، اعتقادا منه ٔان تنمٌة الثروة العامة بمفعول هذا التعاون ٌصٌره ٌنتفع بما وصل ٕالٌه الغرب األوروبً من مختلف الرقً، وله ما ٌكفً من النضج السٌاسً لٌدرك ٔان الحٌاة ال تستقٌم له فً عزلة عن دول البحر المتوسط، وانه لم ٌزل لمدة طوٌلة مفتقرا الخصأيٌٌن الستكمال جهزه االقتصادي ، بل له من التبصر بالواقع الملموس ما ٌكفٌه بالتسلٌم بان الٌطالٌا بتونس مصالح خاصة حٌوٌة من الوجهة االقتصادٌة و الستراتٌجٌكٌة و العمرانٌة، فمصلحته البعٌدة تفرض علٌه مراعاتها و اقامة الوزن لها مل لم تمس طبعا باستقالله و سٌادته .. الخ، ثم تعرضت لمسٔالة احتالل التراب التونسًٕ من طرف الجنود المحورٌة و ٔاشرت بوجوب ٕاجالءها بعد الحرب بصفة تدرٌجٌة على نسبة تقدم الجٌش التونسً – الذي ٌكون قد عهد ٔامر تدرٌبه و تنظٌمه ٕالى ضباط اٌطالٌٌن – فً طرٌق االعتداد بنفسه
للدفاع عن البالد و االتفاق من اآلن على تارٌخ ٌكون قد انتهى االنجالء عند حلوله ».
هذا ٔاهم ما جاء فً الالٔيحة التً قدمتها ٕالى السلطة االٌطالٌة فً الشروط التً ٔاراها الزمة إلٌجاد اساس متٌن، تقام علٌه بٌن اٌطالٌا و تونس سٌاسة تعاون مثمرة بعٌدة المدى مع االحتراز فً تنفٌذها علىٔ وجوب التحصل على موافقة ٔامٌر البالد الشرعً صاحب السمو سٌدي و موالي محمد المنصف باشا باي الذي له الحق وحده فً التعاقد باسم الدولة التونسٌة. و ٔاظن ٔان موافقة الحكومة االٌطالٌة على هاته الشروط ٔامر صعب ألسباب ال تخفى على سماحتكم، و الذي ٔاشعرنً به الكومندور ملٌنً هو ٔان الصعوبات ٓاتٌة من الجانب األلمانً نظرا للموقف الذي وقفه الفوهرر ٕازاء حكومة فٌشً الفرنسٌة ووعده الصرٌح بٕارجاع ٕامبراطورٌتها بعد ٕاطراد القوات االنجلوسكسونٌة منها، فٔاجبته بكل صراحة ٔانه ٌتعذر الجمع بٌن رضا حكومة فرنسا و عطف الشعب التونسً خاصة و الشعوب المغربٌة عامة، ألن تلك الشعوب التً طالما قاومت السلطة الفرنسٌة وهً فً عنفوانها و جبروتها ال ترضى ٔان تعمل و تضحً إلرجاعها لما كانت علٌه، هذا و قد ٔاشعرت الكومندور المذكور عند ذلك برغبتً فً االجتماع بالسلط األلمانٌة ببرلٌن ألحاول ٕاقناعهم بوجوب اتخاذ سٌاسة تحرٌرٌة نحو الشعوب المغربٌة تضمن لدول المحور االنتصار على ٔاعدأيهم ال فً المنطقة اإلفرٌقٌة فحسب بل و حتى فً المناطق األخرى ال سٌما بعد ما اتضحت سوء نٌة فرنسا وبان تالعبها وٕاضمارها السوء بدول المحور، و امنً نفسً ٕان اجٌب طلبً باإلجتماع بسماحتكم و التفاهم معكم فً شٔوون بالد المغرب التً هً جزء ال ٌتجزٔا منٔ البالد العربٌة، وعلٌه فٕانً ٔأومل من سماحتكم السعً من جهتكم و بما لدٌكم من النفوذ لتذلٌل الصعوبات التً ذكرها ملٌنً حتً ٌطمٔين خاطر الشعوب المغربٌة خاصة و العرب عامة من نواٌا المحور وبالخصوص اٌطالٌا، فٌمكن لها الدخول معها فً مٌدان العمل الجدي قبل فوات الفوت وهً واثقة من مستقبلها, وٕان تفضلتم بٕاقناع المراجع العلٌا األلمانٌة بوجوب سفري ٕالى برلٌن فً القرٌب العاجل ٔاكون
لكم من الشاكرٌن.
وختاما ٔاكرر لكم تشكراتً ٔاصالة عن نفسً و نٌابة عن بقٌة رفاقً فردا فردا، و ٔاقدم تحٌاتً واحتراماتً مع رغبتً الشدٌدة فً لقاء سماحتكم فً الفرصة األولى والسالم علٌكم ورحمة هللا وبركاته
.
Par défaut

مذكرة بورقيبة إلى اللجنة الانجليزية الأمريكية في قضية فلسطين 4 مارس 1946

مذكرة إلى اللجنة الأنقليزية الأمريكية المكلفة بالتحقيق في قضية فلسطين

 

القاهرة 4 مارس 1946

 

قدم وفد عن بلدان شمال افريقيا –ليبيا وتونس والجزائر والمغرب- يتقدمه الرئيس الحبيب بورقيبة إلى اللجنة الأنقليزية الأمريكية المكلفة آنذاك في القاهرة بالتحقيق في قضية فلسطين المذكرة التالية :

أتيح يوم السبت الماضي للممثلين الرسميين للمشرق العربي أن يسمعوا أصواتهم وأن يشرحوا ما لديهم من حجج للإعتراض على الادعاءات الصهيونية بشأن فلسطين العربية.

إن بلدان المغرب العربي، المحرومة من كل تمثيل وطني، ومن جميع الحريات الديمقراطية، والمعزولة عن العالم الخارجي وخاصة عن العالم العربي، بمفعول سياسة محكمة الخطوط ترمي إلى إدماحها قهرا فيما يسمى بالاتحاد الفرنسي، مضطرة إلى التعبير عن وجهة نظرها بواسطة بعض الوطنيين وزعماء الحركات الوطنية، الذين خاطروا بحياتهم واستطاعوا الإفلات من ذلك السجن الكبير الذي آل إليه الشمال الإفريقي، والإلتحاق بإخوانهم في الشرق.

وإزاء ما يبديه قادة فرنسا الجدد من تصلب وتحجر، بعد تبنيهم للسياسة العتيقة القائمة على الحكم المباشر والقمع، أصبحت مهمتنا تتمثل في توسيع جبهة الكفاح الذي نخوضه ضد الاستعمار الفرنسي، وفي ربط قضايا الشمال الإفريقي بقضايا الشرق الأوسط.

ومنذ أثارت قضية « الوطن القومي اليهودي » غضب عرب فلسطين ومناهضتهم للنوايا الاستعمارية الصهيونية لم تنفك الشعوب العربية في الشمال الافريقي تبذل مساندتها لأشقائها بالمشرق في دفاعهم الشرعي.

وهذا التأييد مرجعه إلى ثلاثة أسباب رئيسية:

1)     تضامن العرب في المشرق والمغرب : وهذا التضامن الراجع عهده إلى ثلاثة عشر قرنا، أساسه وحدة اللغة والدين والمثل العليا. والعالم العربي الذي يمتد من الخليج الفارسي إلى المحيط الأطلسي بقي طيلة القرون العديدة ضمن امبراطورية واحدة، فقد خضع للخلافة الأموية ثم الخلافة العباسية وأخيرا للخلافة العثمانية. والحواجز المصطنعة التي أقيمت بين أجزائه في عهود الانحطاط من القرن السابع عشر إلى القرن التاسع عشر لم تنل من إدراك الجماهير لما يربط بين تلك الأقطار من صلة الرحم والانتساب إلى مجموعة بشرية واحدة.

2)     اثر الدعاية الصهيونية في علاقة شعوب المغرب العربي بجاليتها اليهودية : تتألف هذه الجاليات من 250000 نسمة بينما العرب يبلغ مجموعهم نحو 25 مليونا، وهي منحدرة في أغلبها من اليهود الذي قضى عليهم التعسف الديني في أوروبا بالهجرة، أولئك الذين فروا من الإعدام حرقا على يد محاكم الكنيسة الاسبانية في القرن الخامس عشر والقرنين التاليين. ولقد وجدوا لدى عرب المغرب من كرم الوفادة ما سمح لهم بالازدهار والارتقاء إلى أسمى مناصب الدولة وكسب المكانة المرموقة في التجارة والصناعة والفن.

ولنذكر على سبيل المثال أسرة « شمامة » نزيلة البلاد التونسية المتمتعة باحترام الجميع والتي احتل أحد ابنائها قبل الحماية منصب وزير المالية في عهد الباي محمد الصادق.

وفي أيام الدايات بالجزائر ظفرت أسرة « البكري » و « بوزناخت » اليهوديتان بامتياز التجارة الخارجية وكان ما أتته الأسرتان من اختلاس الأموال ومن تدبير المؤامرات سببا في الحادثة التي أودت بعرش الداي وباستقلال الجزائر.

وفي عهد حكومة فيشي، عندما حاق الخطر بيهود افريقيا وباتت أرواحهم ومكاسبهم معرضة للتلف، بمفعول قوانين أوحت بها ألمانيا النازية، فإنهم وجدوا العون والحماية لدى الملكين العربيين في المغرب جلالة سلطان المغرب وسمو باي تونس المنصف.

وقد وفق هذان العاهلان رغم ضآلة السلطة التي أبقاها لهما المقيمان العامان التابعان لحكومة فيشيإلى تجنيب رعاياهما اليهود ما كان يهددهم من كوارث جلى.

وهذا ما جعل الجاليات اليهودية بافريقيا الشمالية لا ينالها إلا القليل من الويلات أيام الاحتلال الألماني.

ومن سوء الحظ أن الدعاية الصهيونية نالت أكبر النيل من هذه العلاقات القديمة. فقد خلقت في أنفس الشبان اليهود عقلية استعمارية قوامها الصلف، واحتقار أهل البلاد والكبرياء العنصري، وجعلت موقف الجاليات اليهودية دقيقا وسط الشعوب العربية بافريقيا الشمالية. فلا يندهش أحد بعد ذلك إذا ما أدى الأمر بتلك الشعوب إلى الاقتناع بأن اليهود عنصر أجنبي داخل الأمة ولا سبيل إلى إدماجه أو الاطمئنان إليه مما يدعو إلى الضرب على يده توقتا من شره. وهكذا فإن الصهيونيين هم الذين جلبوا بذور العنصرية وأقحموها في شعوب ليس في العالم من هو أشد إكراما منها للضيف ولا أكثر سماحة، فهي لم تضطهد اليهود أبدا، بل أكرمت مثواهم وحمت حماهم وبسطت عليهم جناح رعايتها عندما لجؤوا إليها فرارا من الاضطهاد.

ونحن عندما ننظر إلى واقع الشمال الافريقي نرى أن مجرد امتداد الأزمة العربية اليهودية بفلسطين يلحق بيهود المغرب العربي ضررا لا سبيل إلى تلافي آثاره، حيث يقلب حياتهم إلى جحيم وسط الشعوب العربية المحيطة بهم.

3) تشابه الأهداف والوسائل الاستعمارية بفلسطين وبالشمال الافريقي : لم تبرح شعوب المغرب تميز بين الاستعمار اللاتيني –بما له من خصائص هي اغتصاب الأراضي الزراعية ، وتوطين الجيش العرمرم من مزارعيه وموظفيه، والاستحواذ على كافة سلطات الدولة وأهم دواليبها، وكل ذلك يهدف إلى غرض معين هو إدماج الإفراد والإلحاق الترابي- وبين الاستعمار الأنجلوسكسوني الذي يتخذ من الوسائل ما يؤدي – خلافا للأول- إلى رفع مستوى الشعوب المستعمرة ثم إلى استقلالها.

على أن فلسطين هي الوحيدة –من بين بلدان المشرق الخاضعة للحكم البريطاني- التي تمارس فيها وسائل لا تكاد تختلف عن وسائل اللاتينيين في الشمال الافريقي.

وهذه الظاهرة وحدها خلقت بين افريقيا الشمالية وفلسطين تيارا عاطفيا يدعو إلى التأثر الشديد، ووحدة الغاية هي التي تفسر وحدة الوسائل. ففي المغرب العربي وفي فلسطين يدعو الشأن إلى توفير الأسباب من أجل استقدام المهاجرين الأجانب سعيا لقلب التوازن في عدد سكان البلاد. ولئن كانت الغاية في فلسطين هي بعث وطن قومي يهودي فإنها في الشمال الافريقي بعث وطن قومي فرنسي يؤدي إلى جعل البلاد امتدادا لفرنسا. ولكن سعيا من هذا القبيل لا بد أن يصطدم بمقاومة أهل البلد، من ثم تكون الحلقة المفرغة الرهيبة، وهي القمع الذي يغذي الثورة بينما الثورة تحرك آليا دولاب القمع.

وهذا هو سر الاضطرابات التي لا تكاد تخمد نارها حتى تنبعث من جديد، سواء في فلسطين أو في الشمال الافريقي، طيلة الخمسة والعشرين عاما الفاصلة بين الحربين العالميتين والتي لا مفر من تأجج لهيبها، ما دام القوم يصرون على إنكار الواقع الملموس. على أنه لئن كانت فلسطين الواقعة في قلب المشرق العربي لم تنفك تحظى بعطف أجوارها الفعال، فإن الاستعمار الفرنسي استطاع في افريقيا الشمالية أن يمارس أفظع وسائل القمع سعيا للقضاء على كل مقاومة، دون أن يثير استنكار العالم المتمدن.

ونحن نود الاعتقاد بأن هذه الجرائم لن تتجدد، لا سيما وتجربة الحرب العالمية الأخيرة أقامت البرهان على أن منظمة عالمية تلتقي فيها كل الشعوب، وتنهى استغلال الانسان للإنسان،والشعوب الكبيرة للشعوب الصغيرة، هي شرط أساسي للسلام.

إن إعلاء كلمة العقل وتقدم العلم، كل ذلك قضى على الفوارق العنصرية وعلى مظاهر التعصب الديني. والبشرية جنحت إلى التجمع في أمم تمتاز عن بعضها، ويربط بينها التضامن، وتنصهر فيها فوارق اللغة والدين. وبفضل هذا التطور الذي يشرف العقل البشري، فإن الجاليات اليهودية في بعض البلدان الأوروبية، التي تفوق سواها تقدما ورقيا، اندمجت تدريجيا، وانصهرت في البوتقة القومية للوطن الذي اختارته لنفسها فتبناها.

وهذا التطور ينبغي أن يستمر وأن يمتد إلى جميع الأقطار الأوروبية.

والواقع أن هذا التطور نالت منه الأحداث أكبر النيل قبل ظهور هتلر بزمن كبير، عندما حاولت الحركة الصهيونية حمل اليهود في العالم على اعتناق وطنية ذات طابع عنصري أو ديني، فلفتت إليهم الأنظار ثم ارتاب الناس فيهم، وأخيرا تسلط عليهم اضطهاد أقل الشعوب الأوروبية تطورا.

وعليه فإنه يمكن القول بأن ما أتته الصهيونية من شطط وما ذهب إليه أولئك الذين ادعوا أنهم شعب الله المختار، هو الذي تسبب بقسط وافر في ويلات اليهود.

وقد لا يختلف شأنهم عن شأن الزعماء النازيين الذين تغالوا في الطموح وانساقوا مع الخيال إلى إقامة ما أسموه بنظامهم الجديد، فتصدى لهم اعالم المتمدن، ووقف في وجوههم دفاعا عن النفس، فتحملوا بذلك تبعة ما أصاب الشعب الألماني من خسران. وإن لرفض مئات الآلاف من اليهود الأوروبيين العودة إلى بلدانهم الأصلية بعد سقوط هتلر واعتزامهم الهجرة إلى فلسطين مدلوله الواضح، ولكنهم إذ يفرون توقيا من عداوة الشعوب الأوروبية لليهود، فإنهم قيد يثيرون لدى العرب الذين لم يضطهدوهم قط في الماضي، حركة عدائية بحكم الدفاع عن النفس.

إن حل القضية اليهودية ليس في فلسطين، إنه في أوروبا :

إنه في الاعتماد على الرقي البشري كما كان الأمر قبل ظهور الصهيونية. وقد تحدث الناس عن اقتلاع جذور النازية من قلوب الألمانيين ليصبحوا شعبا قادرا على معاشرة الشعوب المتمدنة. ولعل الحاجة تدعو أكثر من ذلك إلى اقتلاع جذور الصهيونية من قلوب اليهود، إذا كانت متجهو إلى تيسير اندماجهم التدريجي في البلدان التي يسستقرون بها.

ويم لا تبقى بعض الشعوب الأوروبية تنظر إلى اليهودي نظرتها إلى عنصر لا سبيل إلى معاشرته أو إدماجه، ويوم تميل بعض الدول الأوروبية إلى معاملة رعايها على قدم المساواة دون ميز عنصري أو ديني عندئذ تكون القضية اليهودية قد ظفرت بالحل.

أما توجية المطامح اليهودية نحو فلسطين التي سوف يذب عنها العرب مهما كان الثمن وبجميع الوسائل، فإنه يخلق موطنا للحرب والفتنة في منطقة ليس أكثر منها حساسية في الشرق الأوسط ويتسبب في مصائب لا حصر لها تلحق يهود العالم بأكمله، أولئك الذين يحيون منذ قرون في أمن وسلام بالبلدان التي آوتهم.

ومما لا ريب فيه أن اليهود الذين يضعون عادة التمسك بالواقع قبل كل اعتبار، يخسرون أكثر مما يغنمون من هذه المغامرة التي لا منفذ لها.

هذا هو رأينا في قضية تلهب عواطف العالم المتمدن وخاصة العرب، بل هي قضية تتوقف عليها الحرب أو السلم في الشرق العربي.

عن وفد بلدان شمال افريقيا

الحبيب بورقيبة

 

سلم هذه المذكرة وفد عن بلدان شمال افريقيا الأربعة يتقدمه الرئيس الحبيب بورقيبة، وهو يتألف من السادة :

-الحبيب بورقيبة

زعيم الحزب الحر الدستوري

نيابة عن تونس

-عمر الغولى الناشر

نيابة عن طرابلس

-الشاذلي المكي

أمين حزب الشعب الجزائري

-أحمد المليح

مندوب حزب الاستقلال المغربي